Les dessins sont de Feeloo et de Elsa (sauf celui du texte trois visages de rois / Enki Bilal)

samedi 4 juin 2011

La Glaise

La Glaise
Les marbres se braisent
Vers la main et la glaise
D’étranges battements
Des clairs matins
Genèse enfin
Comme des naufrages
Vers loin loin
Ses mains sont la glaise
Comme l’airain
Tes gestes secrets
Comme toi dans le souffle
Et dans l’envie
Comme toi vers la glaise
Dans le grain de la peau
Tes mains encore tes mains
Comme battant
Tes rouges tambours
Comme des flancs



à Camille Claudel

lundi 7 mars 2011

Toi dans la ville

toi dans la ville
innombrables humains
gris galvanisés
toi perdu
regard cherchant la limite de l'être

juste
étendu sur la terre
bras en croix
s'enfoncer doucement
sentir
le doux frisson
frôler tes paupières
ton ventre
tes lèvres


arbre déraciné
qui bruisse encore de ses mains étoilées
et puis comme si rien n avait existé
ouvrir les yeux sur le ciel immense

bras en croix déraciné
d'une main arrêter le vent
se relever
enfin écouter la terre
respirer l'eau
cueillir le feu
s'enorgueillir d'exister
enfin
voler

mercredi 23 février 2011

L'aile de plâtre

Il faut que l'aile de plâtre
se fissure/ craque / que les plumes de moire
se décollent / que le pourpre
roule / que le pied se tende
jusqu'à pointe
et le ventre nacre velours frôlé / pétale opale
S'ouvre / que le sang batte / claque / perles
dégringolent / il faut que le cri single / l'air brisé / élan
vers le ciel / renversé / miroirs
tremblants / main froisse le temps
lisse / attrape la pierre de verre de l'autre main
échappée / qu'elle se brise / qu'elle compte
les éclats dans sa paume
ouverte / qu'elle perle en gouttes
noires au cœur mur / muré

qu'enfin / elle n'est / plus peur

que les mots naissent dans le creux
de la main / qu'elle survive / qu'elle danse / encore
que ses pieds frappent / le sol / en direction du / soleil / que la porte
s'ouvre / que sa main / tremble et puis / son corps tout entier / juste que
les larmes glissent à ses pieds / pour la baigner
d'une douce lueur / qu'une liane de miel / grimpe
en elle / pour abreuver
sa douleur

jeudi 3 février 2011

Et le ciel soudain s'assombri
et les rivières emplirent de leur flots de soie rouge
les carafes de mon antre

l'antre se creuse
le vent s'est levé aussi

le vent s'est levé et vous vous dormiez paisiblement
l'antre se creuse et la terre attend

l'antre se creuse et le silence est blanc
blanc comme cette robe que je portais il y a si longtemps

si longtemps que la terre n'a pas accueilli cette rivière là
ce flot rouge et sang
ce flot des amants

les âmes
en dedans sont mortes et toi tu attends
tu attends
que la rivière abreuve
cette terre rouge sang

rouge comme les ténèbres et rouge comme l'enfant
comme si la terre ne comprenait pas
que la rivière est là
près de toi
et de lui et de toutes ces âmes mortes

elle attend

Elslam

à l'oiseau sur mon épaule et aux rêves inachevés

samedi 22 janvier 2011

Homme sans visage

homme sans visage
soudain avare des mots mur/murés

homme sans image
je n'espère plus rien qui me laisse espérer

de vous voir si lointain
moi égarée

dans mes heures labourées
à la lumière ensanglantée de vos armées

vers vous désarmée

saltimbanque
jongleuse
moi je ne suis presque rien?

assoiffée
affamée
sans relâche

à vous regarder
je ne puis que tomber

homme sans rivage
au bord de mes rivières cristallines
vous marchiez sur les roses de mes jardins d'évadée

homme sans naufrage
je n'attends plus rien
que vos silences sans partage

mardi 18 janvier 2011

Lumière de jasmin

Petits bouts de ficelle ne pouvant servir......à rien

à rien , qui a dit rien?

Avec on peut allumer la mèche
source claire de flammèches

flambées au goût d'Eden

jardins extraordinaires de gens
ordinaires
et toi peut être pas

donnes ta main solide
dans la mienne légère

donnes un morceau de ton pain au bon goût de
pain bon et beige et blanc et brûlé comme la soie sur le papier
comme les pois dans la soupière
écaillée

donnes l'eau qui a soif de Lo qui a faim de Lo qui a peur
de rien

donne les parfums et puis la mer
prends le goût

combat
 l'essaim qui sème la misère et la guerre
le goût de rien

penche la tête du côté de l'aube apeurée
du loup qui hurle aux aguets de la guerre et du
toc sain

penche ton ombre paupière
courbe le train

penche vers l aube
elfe et mère
mais si belles en ces lents demains

en ces landes et mains
croisées en corbeille
des poires et de fruits délits des cieux

un peu de vent sur vos crinières
un peu de bruine sur vos manteaux
de poussières
et la lumière

du jasmin

Elslam janvier 2011/Dédié à Achraf le tunisien :-) mon jeune ami sanspap en gardav pendant 24 heures
'quel est ton nom : Achraf ton prénom : Achraf'
notez Monsieur X se disant Achraf
'quel est ton pays' 'mon pays c'est la terre'
il est libre et sent le jasmin