Les dessins sont de Feeloo et de Elsa (sauf celui du texte trois visages de rois / Enki Bilal)

samedi 22 janvier 2011

Homme sans visage

homme sans visage
soudain avare des mots mur/murés

homme sans image
je n'espère plus rien qui me laisse espérer

de vous voir si lointain
moi égarée

dans mes heures labourées
à la lumière ensanglantée de vos armées

vers vous désarmée

saltimbanque
jongleuse
moi je ne suis presque rien?

assoiffée
affamée
sans relâche

à vous regarder
je ne puis que tomber

homme sans rivage
au bord de mes rivières cristallines
vous marchiez sur les roses de mes jardins d'évadée

homme sans naufrage
je n'attends plus rien
que vos silences sans partage

mardi 18 janvier 2011

Lumière de jasmin

Petits bouts de ficelle ne pouvant servir......à rien

à rien , qui a dit rien?

Avec on peut allumer la mèche
source claire de flammèches

flambées au goût d'Eden

jardins extraordinaires de gens
ordinaires
et toi peut être pas

donnes ta main solide
dans la mienne légère

donnes un morceau de ton pain au bon goût de
pain bon et beige et blanc et brûlé comme la soie sur le papier
comme les pois dans la soupière
écaillée

donnes l'eau qui a soif de Lo qui a faim de Lo qui a peur
de rien

donne les parfums et puis la mer
prends le goût

combat
 l'essaim qui sème la misère et la guerre
le goût de rien

penche la tête du côté de l'aube apeurée
du loup qui hurle aux aguets de la guerre et du
toc sain

penche ton ombre paupière
courbe le train

penche vers l aube
elfe et mère
mais si belles en ces lents demains

en ces landes et mains
croisées en corbeille
des poires et de fruits délits des cieux

un peu de vent sur vos crinières
un peu de bruine sur vos manteaux
de poussières
et la lumière

du jasmin

Elslam janvier 2011/Dédié à Achraf le tunisien :-) mon jeune ami sanspap en gardav pendant 24 heures
'quel est ton nom : Achraf ton prénom : Achraf'
notez Monsieur X se disant Achraf
'quel est ton pays' 'mon pays c'est la terre'
il est libre et sent le jasmin

les mots de Lub na ; belles pages

http://lubnatique.canalblog.com/


elle est en Ukraine ......

samedi 15 janvier 2011

je te parle mon roi pour que tu me tue pas

Comment être votre amie

je vous hais autant que je vous aime
sur mes nuits sans sommeil
vous gravez ma peau de vos sourires perdus

je vous hais autant que je vous aime
je vous hais de ce pays inconnu
dont je respire d ici les parfums de jamais

je vous hais de ces airs de roi sans couronne
je vous hais de la faim que j avais
quand vous vous ignoriez
je vous hais autant que je vous aime

je vous aime autant que je vous hais

chaque aube a ses rivières
chaque crépuscule ses espoirs engloutis

chaque note symphonique
sillonne mon corps
jusqu'à l ivresse d'une danse du diable

chaque breuvage limpide et doré
abreuve mon âme d un miel
doux et amer

chaque parfum respiré
dessine l ombre de celui que j ai perdu
au détour d un chemin que je n avais pas choisi

je t aime autant que je te hais
pour mes aubes sans bouche à dévorer
sans regard à interroger
corps de marbre
à jamais enseveli dans la mémoire des draps immaculés


je t aime autant que je te hais
pour tes yeux dans le miroir tremblant de mes rêves
pour ton cœur jamais ouvert
je te hais autant que je t aime


Elslam
quelques mots influencés par un texte du plus grand poet intercontinental de tous les temps







Clu-n’y Fibuliné

Clu-n’y Beauté

Papillonnez Fibulinettes vous êtes si belles dans vos atours

applaudissez à tout rompre ces doigts magiques :

des rebuts modelés en ornements de rêves !

Fibulinez toujours au rythme des percussions

martelez de vos pieds ces vestiges de la gloriole

ces ruines du monstre qui a trahi la source

Fibulinez encore à voix d’accordéon

sortez de la marge en ce moment de grâce

entrez dans la danse estropiés éclaboussés de couleurs

loin des enflures des pros du charitable

Clu-n’y Révolté

1989 théâtre de verdure

clameurs du peuple lueur des incendies

Jo et moi comédiens-révolutionnaires de1789

1940 la résistance des braves

Office culturel de Cluny, esclavagistes modernes

demain en justice nous vous guillotinerons

Fibulinettes tenez haut le flambeau

Clu-n’y Dignité

Jo, l’exclus car interdit d’amour (lui aussi)

leucémie dévorante, ensemble apprivoisé sa mort

un dernier murmure « c’est chouette de mourir »

à Pierre ton fils, tu as donné ta force

aux écuries St Hugues, tu rassemblas tes amis, joie de l’adieu

Emportez nous, fibulinez à en perdre le souffle

Clu-n’y Culture

Les pierres dispersées en école ou haras, restent les écuries

pour spectacles, le farinier en vaisseau, la prison marionnettes

Thibault, sa compagnie, les clarinettistes au festival singulier

Dans l’antre convivial s’arrosa Fibuline

Affamés de poésies êtes-vous rassasiés ?

Fibulinettes endiablées reviendrez-vous nous enivrer ?

Dominique

vendredi 14 janvier 2011

Trois visages de roi

Dans un mouvement de croissance exponentielle
arrêté
la main posée

Trois visages de rois
corps sculptés d ébène d acier

Me livreront ils bataille?
Clair obscur
Miels mélangés

Je scande le faisceau lumineux de mon élan vital
à la face de celui qui
celui qui nous livre bataille

croissance exponentielle
existentielle

Silence

Le cri raille
Le cri aille ri
de mes exercices de style
cabrés scandés
arrachés au coeur de mes batailles
de torches enflammées
de tachures déchirées
arrachées recousues raccommodées

redéchirées
recrachées comme des balles

des bottes talonnées
regard d acier
trempé jeté
retenu laché RE pris
Donné – Repris – Volé – Gardé
tenu – RE
gardé RE Cadré
grafé – sculpté

suspendu CHUTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTTT

Elslam






Si L'Amour Meurt

Si L'Amour Meurt
L'
Amour
Meurt

E-COEUR-ée
Je suis é-COEUR-ée
Vidée
Blasée

Notre Terre,
Aux mille feux,
Notre Terre,
Ils s'éteignent peu à peu !

Et nous que faisons-nous ?
RIEN

Alors qu'il suffit
D'un sourire
D'un chant
D'une parole échangée
D'une main tendue
D'un bout de pain partagé

Nous sommes tous concernés
Nous sommes tous responsables
Fini de dormir
De se cacher derrière des excuses
SE-
COU-
ONS-
NOUS !
Réveillons-nous !
Des enfants meurent de faim
Droits bafoués
Conflits armés
Règne de l'argent
De plus en plus d'hommes, de femmes et d'enfants jetés à la rue
Mis à la porte !
Que nous faut-il de plus ?

Alors qu'il suffit
D'un sourire
D'un chant
D'une parole échangée
D'une main tendue
D'un bout de pain partagé

Et toi, que vas-tu faire
Là, maintenant,
tout de suite ?

Odill Crenn
Atelier d'écriture Tramayes - 2008

samedi 8 janvier 2011

A...Apaisement Manifeste

Tout se bouscule dans ma tête
Il y a des poètes qui ne valent pas un clou
et des poètes impayables
Il y a des poètes qui sont poliment désespérés
parce que ça n'engage à rien, que ça coute pas cher,
et que ça peut rapporter gros

Flash back, extrait d'une vie bien imparfaite
Mais il s'agit de faire une poésie qui nous rapelle
qu'il faut se retrousser les manches
et balancer quelques uppercuts aux briseurs de rêves

Quand soudain au détour d'une crête,
éberluée, stupéfaite, je m'arrête,
et j'écoute...
Il y a parfois plus de poésie
dans la rue que dans les livres

Le silence
Il faut répprendre à rêver
Les rêves aussi sont à libérer

Bruissement du vent dans les futaies
Dans la forêt, le cri du geai,
Bourdonnement de l'abeille affairée,
Deux papillons dansent comme enlacés,
Envol d'un faisan apeuré
Il suffit de fomenter un perpétuel printemps
pour que la parole se fasse poème

Alors je respire vraiment, apaisée


"Le Manifeste de la poésie est dans la rue" et "A...Apaisement" d'Odill Crenn (Extraits croisés)

mercredi 5 janvier 2011

Marcher

Je vous écrit de la maison de pierre
au bout du chemin
au fond des bois de l hôtesse légère au goût de pain
le feu et l âtre clair
torpeur de l hiver
alanguie là au pied de mon abri
laisser l heure filer
laisser le fil se dérouler
démêler
filer la laine à mes pieds
tisser la toile à mes heures alanguies
noir désir blotti
crépuscule explorant le froid mordant

dehors la bataille/dehors la question/ du train qui tracasse et se lasse/ de l homme qui tiraille/

alanguis las, elle et lui

de la terre qui tourne à l envers

et de ton pays
mille fois rêvé, coloré, épicé
aux cieux enflammés
aux braises brûlantes
au désert qui m appelle
et cette cloche sonnant clair
pointée vers le ciel de mon pays

je tendrai des cris d or et de lumière
comme des passerelles
comme des gazelles graciles et fragiles

notes miel et sourdes de la voix
qui grenade au goût d airain
de la main qui bouge à mes pieds
à mon oreille

battre sur l enclume de mes nuits meurtries
l aiguille émoussée et la frêle épée
glaner la trace légère sur la pierre gravée
l enrubanner de tous mes secrets
ainsi parée
armée comme la rose pourpre
par l oiseau lyre épaulée
je m en vais arpenter
l âpre et dur chemin de la vie
empruntant monts et vallées
rivières et cascades
parois lisses et parapets
fière et déterminée
comme à toi la tache est amère
comme à toi elle est parfois légère
parfois de pierres à porter
comme toi je ne suis pas bien née
mais je marche droit sans écouter les appels
incessants de ceux qui me livrent bataille
de mes mannequins de paille et d acier
avancer, caravanes, fragiles vaisseaux ailés
dans la poussière
lutter contre sérail
et mitraille valets
marcher

Elslam janvier 2010 /maison de Madeleine