Je vous écrit de la maison de pierre
au bout du chemin
au fond des bois de l hôtesse légère au goût de pain
le feu et l âtre clair
torpeur de l hiver
alanguie là au pied de mon abri
laisser l heure filer
laisser le fil se dérouler
démêler
filer la laine à mes pieds
tisser la toile à mes heures alanguies
noir désir blotti
crépuscule explorant le froid mordant
dehors la bataille/dehors la question/ du train qui tracasse et se lasse/ de l homme qui tiraille/
alanguis las, elle et lui
de la terre qui tourne à l envers
et de ton pays
mille fois rêvé, coloré, épicé
aux cieux enflammés
aux braises brûlantes
au désert qui m appelle
et cette cloche sonnant clair
pointée vers le ciel de mon pays
je tendrai des cris d or et de lumière
comme des passerelles
comme des gazelles graciles et fragiles
notes miel et sourdes de la voix
qui grenade au goût d airain
de la main qui bouge à mes pieds
à mon oreille
battre sur l enclume de mes nuits meurtries
l aiguille émoussée et la frêle épée
glaner la trace légère sur la pierre gravée
l enrubanner de tous mes secrets
ainsi parée
armée comme la rose pourpre
par l oiseau lyre épaulée
je m en vais arpenter
l âpre et dur chemin de la vie
empruntant monts et vallées
rivières et cascades
parois lisses et parapets
fière et déterminée
comme à toi la tache est amère
comme à toi elle est parfois légère
parfois de pierres à porter
comme toi je ne suis pas bien née
mais je marche droit sans écouter les appels
incessants de ceux qui me livrent bataille
de mes mannequins de paille et d acier
avancer, caravanes, fragiles vaisseaux ailés
dans la poussière
lutter contre sérail
et mitraille valets
marcher
Elslam janvier 2010 /maison de Madeleine
Je avais "lu" ton texte, je viens de le "dire" seule dans la pièce de la ville encore endormie car il n'est pas encore 5 Heures - l'heure qu'elle s'éveille, et je te dis Merci pour ce vibrant partage d'émotions, je retrouve trace de tant de combats pour la Vie !...
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